ASIE DU SUD-EST (art et archéologie) - Préhistoire et protohistoire


ASIE DU SUD-EST (art et archéologie) - Préhistoire et protohistoire
ASIE DU SUD-EST (art et archéologie) - Préhistoire et protohistoire

Nous assistons actuellement à une véritable révolution de la recherche préhistorique et protohistorique en Asie du Sud-Est. Les connaissances accumulées pendant plus d’un demi-siècle par le travail patient d’une poignée de chercheurs européens ou américains sont remises en question pour être remplacées par de nouvelles hypothèses élaborées surtout par une nouvelle génération d’archéologues sud-est asiatiques qui veulent ainsi libérer leurs nations de ce qu’ils considèrent être une tutelle coloniale culturelle.

Deux pays se partagent le feu de la rampe: la Thaïlande qui, pourtant, ne fut jamais une colonie européenne, et le Vietnam (surtout le nord du pays). S’il faut en croire les archéologues thaïlandais (inspirés par des chercheurs américains), toutes les innovations importantes de la préhistoire, telles que la domestication des plantes ou la maîtrise des métaux, auraient été faites chez eux. Quant au Vietnam, on cherche maintenant à y mettre en évidence le passé antéchinois, où l’on découvre des signes d’une civilisation du bronze indigène d’un extrême raffinement qui semble avoir ses racines dans la préhistoire locale, plutôt qu’être le résultat d’influences extérieures.

Les autres pays de l’Asie du Sud-Est se sont, eux aussi, mis à la recherche de leur passé, et, depuis le début des années 1970, ont enregistré des progrès importants dans ce domaine, quoique moins spectaculaires que pour la Thaïlande et le Vietnam. En Indonésie et aux Philippines, déjà riches en sites préhistoriques, on en découvre beaucoup de nouveaux: en Birmanie et en Malaisie, au contraire, les sites préhistoriques sont relativement peu nombreux, tandis qu’au Laos et au Cambodge il n’y a pratiquement pas eu de recherche archéologique au cours de ces dernières décennies.

Cadre général

L’Asie du Sud-Est jouit d’un climat généralement chaud et humide qui, s’exerçant sur des sols fertiles, produit une végétation dynamique. Un des traits caractéristiques de la civilisation de base qui s’en dégage est une utilisation beaucoup plus grande qu’ailleurs des matières végétales pour tous les besoins de la vie courante, y compris l’habitation et les œuvres d’art. Or, le résultat fâcheux de cet état de choses pour la recherche archéologique est que la plus grande partie des éléments de cette «civilisation du végétal» (Pierre Gourou) ne peut survivre que quelques années ou tout au plus quelques centaines d’années. Heureusement, cette difficulté est en partie compensée par la ténacité des traditions en Asie du Sud-Est où il y a de multiples exemples d’une permanence, s’étalant sur plusieurs siècles ou même millénaires, de la forme d’objets, de coutumes ou de croyances. Il en résulte que les «parallèles ethnographiques», peu sûrs dans d’autres parties du monde, peuvent être une aide précieuse pour la recherche archéologique en Asie du Sud-Est.

L’âge des chasseurs-cueilleurs (ou Paléolithique)

Pour la période préhistorique, il faut distinguer deux aspects différents: la recherche anthropologique concernant les hommes fossiles et celle qui s’occupe des outils de ces hommes. Mais tandis qu’en Europe les industries paléolithiques sont bien connues, classifiées et datées, sans que l’on possède beaucoup de données sur les hommes fossiles les plus anciens eux-mêmes, en Asie du Sud-Est, c’est le contraire: les hommes fossiles sont connus depuis longtemps, mais notre connaissance des industries du Paléolithique est rudimentaire; les recherches récentes n’ont fait qu’accentuer ce phénomène. La découverte d’un ancêtre possible de la race humaine en Birmanie, daté de quarante millions d’années, pourrait même ramener le «berceau de l’humanité» vers l’Asie du Sud-Est comme on le croyait déjà au début du siècle à la suite de la découverte du Pithécanthrope.

Les autres découvertes des deux dernières décennies dans le domaine des hommes fossiles peuvent se résumer en quatre points:

1. En Asie du Sud-Est, ces hommes sont bien plus anciens que l’on avait cru: ainsi les formes les plus anciennes du Pithécanthrope, Homo modjokertensis , sont datées maintenant d’environ deux millions d’années (Jacob), et l’Homme de Java classique, qui porte maintenant le nom paradoxal d’Homo erectus erectus , daté auparavant d’environ 300 000 ans au plus, a maintenant des dates absolues de 830 000 et 710 000 ans. Ce «vieillissement» des hommes fossiles semble être un phénomène global, allant de pair avec le fait que la séparation de la branche menant à l’homme de celle menant aux singes, en partant d’un ancêtre commun, doit être considérablement reportée dans le temps.

2. L’aire de répartition de ces Pithécanthropiens a dû être plus vaste que les deux régions où on les connaissait jusqu’alors, puisque leurs restes osseux ont été trouvés entre-temps en Chine centrale et méridionale et au nord du Vietnam; cela tend à confirmer l’hypothèse selon laquelle les outils primitifs classés sous le nom de broyeurs (choppers/chopping-tools , [Movius]) qui ont été trouvés un peu partout en Asie du Sud-Est (l’Anyathian de la Birmanie, le Fignoïan de la Thaïlande, le Patjitanian de l’Indonésie, le Tampanian de la péninsule malaise et le Cabalwanian de Luçon, Philippines) seraient les outils utilisés par les Pithécanthropiens, dont ils indiqueraient l’aire d’extension.

3. Des travaux récents montrent que l’évolution du Pithécanthrope vers l’Homo sapiens en Australasie fut continue et directe (Thorne).

4. Ces mêmes travaux laissent entrevoir la possibilité de survie en Australie de ces Pithécanthropiens jusqu’à présent, un peu comme des Néanderthaliens au Vietnam et ailleurs (Heuvelmans).

En ce qui concerne les outils de ces Pithécanthropiens et leurs descendants en Asie du Sud-Est pendant cette longue période des chasseurs-cueilleurs, l’image est loin d’être claire. Tout ce que nous savons aujourd’hui est que certaines formes d’outils, tels que les outils faits de galets (pebble-tools ), restèrent les mêmes durant des centaines de milliers d’années, ce qui est expliqué par la supposition qu’ils servaient à fabriquer d’autres outils en bambou, etc., ensuite, qu’il n’y avait pas vraiment d’industries lithiques au sens européen du terme, mais seulement des développements locaux, qui ont résisté à tout effort de classification. La thèse traditionnelle selon laquelle il y aurait dans le monde, au Paléolithique inférieur, une distinction nette entre les régions ayant des bifaces (hand-axe cultures ) et les régions ayant des couperets (chopping-tool cultures ), les dernières comprenant l’Asie du Sud-Est (Movius), a été ébranlée par la découverte des industries de la grotte de Tham Hang au Laos, de Sre Sbau au Cambodge, des grottes de Niah à Bornéo, de Sangiran à Java, de Chabenge et Lamonchong à Célèbes, et de l’industrie du mont Do dans le nord du Vietnam, mais dont l’authenticité reste à prouver.

Quant aux Paléolithiques moyen et supérieur, plusieurs industries ont été découvertes: ce sont celles de Son-Vi dans le nord du Vietnam, de Xuân-Lôc dans le sud du même pays – mais d’un caractère peu précis –, de Sunga Mas à Sumatra, de Maros et Puso aux Célèbes et celles des îles Talaud au sud de Mindanao; aux Philippines, il y a les industries des grottes de Tabon, Palawan et d’Espinosa, dans la vallée de Cagayan, Luçon. Ces industries montrent que le Paléolithique de l’Asie du Sud-Est était bien différent de celui de l’Europe où les termes employés dans la recherche préhistorique ont été créés. Or, une étude des outils des Tasaday, «tribu» découverte en 1970 dans la jungle de Mindanao vivant au stade des chasseurs-cueilleurs, montre que le nom même de cet âge n’est pas vraiment applicable à l’Asie du Sud-Est, puisque les Tasaday n’utilisent pratiquement pas d’outils en pierre.

L’âge des horticulteurs-agriculteurs (ou Néolithique)

Quand Madeleine Colani découvrit, en 1927, des gisements préhistoriques près de Hoà-Binh, alors au Tonkin, elle pensait avoir trouvé, pour la première fois en Asie du Sud-Est, des sites montrant la transition entre le Paléolithique et le Néolithique, parce que dans les couches inférieures il y avait des outils en pierre taillée, tandis que les couches supérieures contenaient des haches partiellement polies et de la poterie. Mais on a appris, depuis lors, que ces deux innovations technologiques ne sont nullement liées directement à l’agriculture. La première conclusion importante de recherches plus récentes concernant le Néolithique est donc qu’il faut considérer séparément poterie, polissage de la pierre et domestication des plantes, la présence d’un ou deux de ces trois éléments n’impliquant pas nécessairement celle du reste. La preuve de l’horticulture ou l’agriculture ne peut être donnée que par les restes matériels (ou des impressions) des plantes cultivées ou de leurs graines. Ceux-là ne se trouvent malheureusement pas facilement en Asie du Sud-Est.

Pourtant, dans la «grotte des esprits» (Spirit Cave ), dans le nord de la Thaïlande, furent trouvées, en 1966, les graines de plusieurs plantes apparemment cultivées dans des couches datées de 10000 à 6000 avant J.-C. (Gorman). Ce site fut donc considéré comme l’indication que la domestication des plantes a dû commencer ici il y a peut-être 15 000 ans (Solheim), c’est-à-dire plus tôt que partout ailleurs dans le monde. Mais même si cette thèse n’est pas nouvelle, puisque le géographe américain Carl Sauer l’avait déjà proposée en 1952, se basant seulement sur des considérations théoriques, les conclusions tirées des fouilles de la «grotte des esprits» manquent de conviction, ne serait-ce que parce qu’il est extrêmement difficile d’établir une distinction entre les graines des plantes sauvages et domestiquées au début de l’agriculture. Cela dit, il est bien possible que l’Asie du Sud-Est ait été le berceau de l’horticulture et que le Hoabinhien ait commencé ici au XIVe millénaire avant J.-C., mais les preuves n’en sont pas encore acquises.

Quant au deuxième stade de la domestication des plantes, l’agriculture propre (en Asie du Sud-Est, la culture du riz), il a pu commencer au milieu du IVe millénaire, si l’on croit les rapports du site de Non Nok Tha en Thaïlande (Bayard, Solheim), qui mentionnent l’impression d’un grain de riz dans un tesson de poterie de cet âge; ou même un millénaire plus tôt, puisque de la balle de riz était apparemment utilisée comme dégraissant dans la poterie datée de 4600 avant J.-C. d’un autre site thaïlandais, Ban Chiang (Yen). À la difficulté de distinguer entre le riz cultivé et le riz sauvage s’ajoute ici celle d’une datation sûre: les deux sites sont des nécropoles ayant une multitude de couches superposées, s’entrecoupant partout, qui s’échelonnent du Néolithique jusqu’aux premiers siècles de notre ère. Il faut donc conclure que, même si plusieurs travaux de vulgarisation parlent d’une riziculture en Thaïlande, datée de 7 000 ans comme s’il s’agissait d’un fait acquis, il est plus prudent de chercher le début du vrai Néolithique en Asie du Sud-Est au IIe ou peut-être au IIIe millénaire avant J.-C., tout en tenant compte de la possibilité qu’il ait été précédé d’une période de transition très longue.

Plusieurs sites néolithiques nouvellement découverts sont à mentionner. Ce sont les grottes de Padah-Lin en Birmanie; le site de Khok Charoen en Thaïlande (la nécropole pré- ou protométallique la plus importante de l’Asie du Sud-Est); la grotte de Laang Spean au Cambodge; les sites de Da-Bút et Phung Nguyên au Vietnam, de Lubuk Layang et Bukit Talang Pulai à Sumatra, de Klapadua, Cangkuang et Kendeng Lembu à Java et celui de Dimolit à Luçon; les grottes d’Arka et Mulang sur la même île et de Leta Leta et Duyon sur celle de Palawan. Parmi les sites connus seulement localement et pas encore fouillés, il faut citer surtout celui de My-Lôc au nord de Hô-Chi-Minh-Ville (anciennement Saigon), au Vietnam, qui pourrait devenir un des sites néolithiques les plus importants de l’Asie du Sud-Est.

L’âge des métaux et la protohistoire

Les dates et les circonstances de l’apparition des premiers métaux en Asie du Sud-Est sont encore enveloppées d’une brume épaisse. Jusqu’à il y a un peu plus de vingt ans, la civilisation de Dongson, au nord du Vietnam, dont la naissance était datée de 800 à 300 avant J.-C. suivant les chercheurs différents, était généralement considérée comme la civilisation utilisant le bronze la plus ancienne de l’Asie du Sud-Est. Mais, en 1967, une découverte fut faite qui devait entraîner de vives discussions au sujet du début de la métallurgie, non seulement ici, mais dans le monde entier. Il s’agit de la découverte, au site déjà mentionné de Non Nok Tha en Thaïlande, de moules en grès pour des haches à douille en bronze, datés au IIIe millénaire. Cela voudrait dire que le bronze aurait été connu et travaillé dans cette région beaucoup plus tôt qu’en Chine ou en Inde. La même année, un autre site fut fouillé, qui allait devenir un des sites les plus spectaculaires et en même temps un des plus controversés de toute l’Asie: celui de Ban Chiang, non loin de Non Nok Tha. Là, une belle poterie peinte a été trouvée qui fut datée d’environ 5000 avant J.-C. par un laboratoire américain de datation utilisant la méthode de thermoluminescence; en elle-même, cette date ne serait pas sensationnelle pour une poterie fabriquée en Extrême-Orient, mais comme celle de Ban Chiang était placée auprès de squelettes qui portaient des bracelets de bronze, des objets en fer et des perles en verre, cette date aurait donc été aussi celle de ces métaux et du verre! Cela est simplement inadmissible, surtout parce qu’il n’y a aucun signe d’une activité technologique antérieure qui aurait préparé le terrain pour ces inventions importantes – ni objets en cuivre, ni outils en bronze primitifs, etc. Toujours est-il que certains chercheurs sont convaincus qu’après avoir été le lieu de la première horticulture et de la première riziculture du monde, la Thaïlande actuelle fut aussi le pays d’origine de toutes les inventions technologiques qui sont à la base de notre civilisation. Entre-temps, il fut pourtant prouvé par d’autres datations que les fameux pots peints de Ban Chiang ne datent que des derniers siècles avant J.-C., ce qui s’accorde très bien avec nos connaissances traditionnelles de l’âge du bronze dans la région.

Les choses en restaient là lorsqu’une pointe de lance à douille en bronze fut découverte sur le même site, en association avec une poterie noire à dessin incisé et datée de 3600 avant J.-C. Un plus ample examen des circonstances de la découverte de cette pointe de lance, en 1982, a démontré qu’elle était en réalité associée avec un autre type de poterie ne datant que d’environ 1750 avant J.-C., ce qui serait donc aussi la date la plus ancienne du bronze pour ce site (White). Pourtant, des doutes subsistent même quant à la véracité de cette datation deux mille ans plus jeune.

Dans le nord du Vietnam, berceau traditionnel du bronze en Asie du Sud-Est, les travaux archéologiques ont repris dès 1960, dans des conditions des plus difficiles. Les chercheurs vietnamiens, sous la direction du professeur Pham Huy Thông, ont pu démontrer non seulement que la civilisation indigène était d’un niveau plus élevé que l’on ne croyait auparavant et que le bronze y est plus ancien, mais aussi que cette civilisation du bronze repose sur une longue tradition remontant au moins au Néolithique, puisque les mêmes éléments de décoration se retrouvent sur les objets en bronze et sur la poterie néolithique. Mais on ne sait pas encore avec certitude l’origine de la découverte du bronze, qui semble apparaître assez subitement vers la fin du IIe ou au début du Ier millénaire, sans qu’il y ait eu auparavant une période où le cuivre seul était utilisé.

Quoi qu’il en soit, il y a du nouveau en ce qui concerne l’objet le plus spectaculaire de cette civilisation du bronze, à savoir les tambours en bronze et en particulier ceux du type Heger I, les plus anciens. D’après les travaux récents, on connaît mieux maintenant leur âge et leur signification: en 1977, ce qui semble être un modèle en céramique d’un tel tambour fut trouvé dans la vallée du fleuve Rouge et daté de 850 avant J.-C. Mais l’apparition soudaine de ces tambours dotés d’une forme et d’une décoration caractéristiques, sans que des prototypes plus simples en soient connus, demeure encore inexpliquée. Quant à la signification de ces tambours qui ont été découverts presque partout en Asie du Sud-Est, on croit maintenant que, loin d’avoir été de simples objets de commerce, ils étaient essentiellement des insignes de légitimation des chefs – un peu comme une couronne ou un sceptre. Or, le commerce des couronnes étant impossible, il a dû y avoir quelque part dans le nord du Vietnam actuel un centre rituel où résidait l’autorité ayant le droit de conférer des insignes de légitimation (comme jadis le pape pour la chrétienté), et où se rendaient les missions des pays lointains venant chercher un tambour dont la possession transformait le chef de tribu en roi légitime. Une situation analogue donc à celle qui existera quelques siècles plus tard, quand les chefs locaux chercheront à devenir de vrais rois suivant les rites hindous, avec l’aide de brahmanes venus de l’Inde.

Au Vietnam, la civilisation dite de Dongson est maintenant considérée comme étant la phase finale d’un âge du bronze qui a commencé beaucoup plus tôt par l’époque de Gò-Bông (bronze inférieur), suivie par celles de Dông-Dâu (bronze moyen) et Gò-Mun (bronze supérieur). Considéré dans son ensemble, cet âge est vu comme la période protohistorique du pays, puisqu’il correspond grosso modo à celle des rois Hùng qui, d’après la légende, auraient régné sur le royaume de Vanlang de 2879 à 257 avant J.-C., avant que ce dernier ne soit remplacé par le royaume d’Au-Lac, puis par celui de Nam-Viêt, pour finalement être absorbé par la Chine des Han en 111 avant J.-C.

Si les recherches archéologiques récentes au Vietnam ont donc transformé cette période légendaire en période sinon historique, du moins protohistorique, elles ont aussi démontré que le nord du Vietnam actuel a dû être le point focal de l’âge du bronze dans le Sud-Est asiatique. Car il apparaît désormais que pratiquement tous les sites de l’Asie du Sud-Est datant de l’âge du bronze, tels que Samrong Sen, Mlu Prei et peut-être Mimot au Cambodge, Kampong Sungai Lang en Malaisie occidentale, Gilimanuk à Bali et même les sites susmentionnés de la Thaïlande nord-orientale, Non Nok Tha, Ban Chiang et Non Chai, que l’on datait de deux à trois millénaires plus tôt (et qui ne sont distants de Dongson que de quelque 400 kilomètres), sont liés à la civilisation du bronze du nord du Vietnam. Malgré des différences dans leur culture matérielle, la décoration de la poterie ou des objets de bronze de ces sites montre une telle similitude avec Dongson ou ses prédécesseurs qu’il est impossible de ne pas croire à des relations entre ces sites. À ce réseau s’ajoutent, bien entendu, plusieurs sites au Vietnam même, Sa-Huynh par exemple, qui semble même avoir des correspondances aux Philippines, et les sites nouvellement découverts de Dôc-Chùa, Hàng-Gòn et Phú-Hoà dans le sud du pays, de Làng Ca, près de Viêt-Tri dans le Nord qui, avec plus de 350 sépultures, semble être le site le plus prometteur de l’âge du bronze de l’Asie du Sud-Est tout entière.
Si l’on veut résumer la situation en Asie du Sud-Est au seuil des temps historiques grâce aux recherches des vingt dernières années, on constate un niveau culturel bien plus élevé que l’on ne pensait jusqu’ici. Les hommes du Sud-Est asiatique avaient produit une civilisation du bronze qui, tout en étant sans écriture et donc protohistorique, ne fut pas moins le point de départ des civilisations historiques raffinées de la région.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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